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Les vins d’Amérique du Sud

Les vins d’Amérique du Sud sont prometteurs. La zone possède plusieurs régions viticoles notamment au Chili, en Argentine, au Mexique, en Uruguay et au Brésil. Depuis le début de sa production, le vin sud-américain a connu une forte croissance et s’améliore à chaque millésime. L’occasion pour nous de découvrir plus en détail l’Amérique latine.

Un peu d’histoire

L’histoire du vin en Amérique du Sud remonte au XVIème siècle. Dans les années 1 500, durant la colonisation espagnole, des vignes ont été implantées, dans un premier temps au Mexique, au Chili et en Argentine, puis en Uruguay et au Brésil.

Le climat des régions viticoles des pays d’Amérique du Sud était favorable au développement de la viticulture. La plupart de ces vignobles possèdent l’avantage d’être situés à des altitudes élevées et de bénéficier d’un très bon taux d’ensoleillement annuel. Le microclimat diversifié est idéal pour la production.

Au fil des siècles, le vin d’Amérique du Sud s’est développé et a progressivement conquis le marché mondial. Au XIXème siècle, l’implantation de boutures de cépages français a permis à la zone de moderniser sa viticulture. Les vins de la zone présentent donc des caractéristiques différentes du vin français. Le climat chaud de ces vignobles a tendance à accélérer le mûrissement du raisin. Ils sont généralement plus corsés et plus alcoolisés que les vins français.

Le Chili

Le Chili a été le premier pays de la région à cultiver la vigne. À l’indépendance du Chili, en 1810, la culture s’accroît. De grands propriétaires terriens, d’origine européenne, entreprennent des voyages en Europe pour connaître le berceau de leurs ancêtres et rapportent des cépages dont le Carménère, un cépage Bordelais presque oublié : la culture de la vigne prend son essor. La France fait partie des destinations favorites. C’est à cette époque que naissent les grands domaines – Carmen, Concha y Toro, Santa Rita, Santa Carolina dans la Vallée de Maipo et d’Errázuriz dans l’Aconcagua. Quelques grandes familles françaises s’installent au Chili, telles que les Rothschild et Marnier-Lapostolle, contribuant ainsi au développement de la production chilienne. Le Chili est actuellement le cinquième exportateur mondial en volume et le huitième producteur mondial de vins.

Les 4 grandes zones viticoles du pays sont situées dans la Vallée Centrale avec, du Nord au Sud:

  • Aconcagua,
  • Maipo,
  • Rappel,
  • Maulé.

L’Argentine

Ce n’est véritablement qu’à partir de la fin du XIXe siècle, avec l’arrivée massive d’immigrants italiens, espagnols et français que la culture de la vigne se développe. Ces derniers s’installent sur les meilleures terres dans la région de Cuyo et dans les provinces de Mendoza, San Juan, La Rioja. Le cépage emblématique de l’Argentine est le Malbec, originaire du Bordelais, et introduit en 1868 par le français Jean Pouget. Les autres cépages présents sont aussi essentiellement d’origine française : Cabernet Sauvignon, Merlot, Syrah, Chardonnay, ou d’origine italienne Bonarda, Sangiovese, Tokai du Frioul.

L’Argentine est le premier producteur sud-américain et le cinquième au niveau mondial. Sa production représente 4 fois celle du Chili. Traditionnellement, les viticulteurs argentins ont privilégié la quantité et le pays consommait près de 90 % de sa production. Mais le besoin d’accroître les exportations ont été à la base d’une grande amélioration de la qualité. Les vins argentins commencèrent à s’exporter dès les années 1980 et surtout 1990. Leur renommée est désormais mondiale.

Le Pérou

Comme dans les autres pays d’Amérique du Sud, la vigne a été introduite par les Conquistadors espagnols, mais le Pérou est un pays atypique où la culture de la vigne semblait improbable : pris entre la Cordillère des Andes et les vents du Pacifique, le pays est plutôt désertique. Il y pleut très rarement, mais il abrite 58 oasis, et c’est dans l’une d’elle, dans la région d’Ica, que le principal vignoble Tacama s’est installé avec d’importantes exploitations. Cette région, au sud de Lima, est connue pour sa production de pisco. Les cépages sont principalement français. Le Tannat et le Malbec sont ceux qui réussissent le mieux. La consommation des vins locaux reste marginale dans le pays en comparaison avec celle de la bière et du pisco.

Le Brésil

Les Portugais introduisent, vers 1532, les premiers cépages dans la région de São Paulo. Mais ce n’est qu’à partir de 1970, que commence la production de vins de qualité, alors que plusieurs entreprises vinicoles européennes apportent savoir-faire et équipements modernes. De grands cépages sont importés, tels que le Chardonnay, le Sémillon et le Cabernet Sauvignon.

La principale région viticole se trouve dans l’État de Rio Grande do Sul, aux environs de Porto Alegre, la capitale. Les autres zones de viticulture sont situées dans la région de Minas Gerais à la frontière avec l’Uruguay, la Serra do Sudeste, et certaines zones dans les États de Santa Catarina et São Paulo. Le Brésil est le troisième producteur d’Amérique du Sud, après le Chili et l’Argentine.

Le Mexique

Une longue période de troubles politiques et une épidémie de phylloxéra ont freiné la production vinicole du pays. Fin 1980, grâce à d’importants travaux, des investissements et la venue de techniciens étrangers, dont des Italiens, les exploitations viticoles produisent aujourd’hui des vins comparables à ceux d’autres pays, contribuant à la notoriété des vins du Mexique, qui accompagnent l’excellente cuisine mexicaine. Le Mexique exporte principalement ses vins aux États-Unis, premier acheteur, en Europe et au Japon.

L’Uruguay

Enfin, petit pays dans l’immensité des vins d’Amérique du Sud. L’Uruguay, depuis sa création en 1825, se consacre principalement à l’agriculture et à l’élevage. Il faudra attendre les années 1970 pour la voir prendre le chemin de la qualité. Et c’est la voie qu’a choisi l’Uruguay pour ses blancs issus de cépages Chardonnay et Sauvignon et pour ses rouges, issus en majorité de Tannat (50%), Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc & Merlot.

Les appellations

Seuls le Chili et l’Argentine possèdent un système d’appellations. Ceux-ci restent cependant bien plus simples que ceux d’Europe.

Ainsi, depuis 2002, le Chili s’est doté d’un système de « denominación de origen » (DO) définissant des régions du nord au sud, elles-mêmes découpées en sous-régions correspondant à des vallées latérales (exemple Colchagua). Ce découpage suit une logique davantage administrative que viticole mais on assiste malgré tout à un début de spécialisation régionale fondée sur l’adéquation entre cépage et région ainsi qu’à l’émergence de grands vins issus de vignobles spécifiques.

En outre, la réglementation des DO reste peu contraignante en matière de rendements et de pratiques viticoles. La mention d’une région sur l’étiquette signifie qu’au moins 75% des raisins en proviennent ; il en va de même pour le cépage et le millésime. Pour les vins rouges, le terme Reserva (Especial, Privada ou Gran) indique un élevage, au moins partiel, en barrique. 

En ce qui concerne l’Argentine, le producteur et le cépage restent les deux principaux repères pour le consommateur de vins argentins. Il y existe aussi une législation portant sur l’origine, comprenant des DOC (denominación de origen controlada) et plus de 180 IG (indicación geográfica), qui peuvent couvrir le territoire:

  • d’une région (Mendoza),
  • d’une sous-région (Valle de Uco à Mendoza)
  • ou d’une zone plus restreinte.

Dans la réalité, seules les régions de Salta (pour son Torrontés) et surtout de Mendoza jouissent d’une réelle notoriété.

Pour conclure, le vin d’Amérique du Sud représentait près de 14% du vin produit dans le monde en 2013, contre 8% en 2000. Le Chili et l’Argentine représentent ensemble plus de 80% de la production de vin d’Amérique du Sud, et le Brésil environ 10%. Vous l’aurez compris, c’est une zone pleine de potentiel qui séduit le reste du monde.

 

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